Des journées qui éprouvent les contrastes géologiques et interdisciplinaires

par Jean- Guillaume Bordes
Déjà ancrée dans une manière de faire, Marcher depuis la nuit des temps a organisé plusieurs rencontres au printemps 2025.
Le 12 mai, un séminaire accueilli par le théâtre d’Aymare a d’abord contribué à solidifier le réseau de Marcher depuis la nuit des temps.
Puis, du 13 au 17 mai, Marcher depuis la nuit des temps a été invité à participer à la Fête des Amis du Piage – une association de passionnés d’archéologie agrégés autour de la fouille de ce gisement contemporain de la grotte Chauvet. A cette occasion, une marche de quatre jours avant la fête, a été expérimentée entre les grottes du Pech Merle et de Cougnac, tout au long des causses et des pechs.
En plus d’avoir permis, comme à l’accoutumée, des rencontres porteuses d’avenir, cette marche a consisté à relier deux grottes ornées paléolithiques contemporaines, dont les peintures datent de 30 000 ans. Les conservateurs de ces sanctuaires ornés nous ont accompagnés au long du chemin.
Parcourir les dolines et longer les murets de pierres sèches a aussi donné à éprouver le contraste fort entre les deux domaines géologiques qui, respectivement, constituent l’écrin de ces deux grottes : le Jurassique pour Pech Merle, le Crétacé pour Cougnac ; le désert et le pays de cocagne ; la rudesse et les agapes. Le périple a été conté aux habitants de l’éco-hameau d’Andral, qui nous ont accueillis pour une nuit. A l’arrivée à Cougnac, d’autres préhistoriens et passionnés nous ont rejoints pour une visite de la grotte suivie par une profonde causerie, resserrant encore les liens avec, et entre, ces lieux emblématiques.
Ce véritable « chéminaire » qui ouvre de belles perspectives pour Marcher depuis la nuit des temps a préfiguré la fête du lendemain. En effet, le matin de la fête, nous avons entraîné plus de 70 personnes hors des chemins, afin d’explorer la cuesta coniacienne, une particularité géologique qui a fait du Piage un site important, déjà, pour les paléolithiques. Cette balade conférence a été rythmée par des musiciens locaux, des archéologues, mais aussi des chasseurs du présent comme du passé, qui nous ont parlé des mœurs des animaux sauvages, et des moyens que l’Homme, depuis la nuit des temps et jusqu’à aujourd’hui, a déployé pour s’en emparer.
Cette nouvelle manière de conjuguer marche et rencontres a permis de faire participer un plus large public qu’à l’accoutumée. Ce qui confirme, s’il en était encore besoin, à quel point un tel projet continue de soulever des imaginaires hors du commun.
